| Juillet 1982 | ||||||
|
Pierre a eut du mal à se lever ce matin mais, ça y est, il est dans son train de 7h32… Il faut dire que la soirée de la veille à été faste. Il avait eu du mal à trouver le sommeil après cette fête improvisé chez son copain Michel. Il avait éteint la lumière vers 2h et n’avait dut s’endormir qu’une demi-heure plus tard. Quand le réveil a sonné à 6h30, il a failli le jeter contre le mur ! Mais après avoir réfléchi que ce mouvement d’humeur ne lui apporterait que l’inconvénient d’aller en racheter un autre, il s’était résolu à se lever. La douche fut bénéfique à la mini gueule de bois qu’il s’était infligé et le petit déjeuner copieux avait réussi à remettre tous ces petits neurones en état de marche. C’est donc au pas de charge qu’il avait fait le kilomètre le séparant de la gare et c’est avec bonheur qu’il arriva sur le quai en même temps que son train quotidien. Il n’y a pas grand monde dans le wagon et il a tout le loisir de choisir une place à sa convenance. Dans le sens de la marche, prés d’une fenêtre du coté ombre, le soleil commençant à taper ardemment au travers des carreaux. Ce qui était appréciable en juillet, c’est que la moitié des travailleurs, et la totalité des lycéens et étudiants, sont en vacances. La cohue est inexistante aussi bien dans les transports que dans les rues de Paris. Pour ces dernières, ce sont les touristes qui prennent le plus de place sur les trottoirs mais cela est assez agréable à Pierre qui aime bien pendant son heure de midi allez traîner sur le boulevard St germain, voisin de son travail. C’est ce a quoi il pense en fermant les yeux, bercé par le roulis du train. Il se dit qu’avec le soleil il va pouvoir aller draguer gentiment ce midi et qui sait rencontrer une belle blonde qu’il pourrait entraîner dans un « Paris by Night » échevelé. Machinalement Pierre regarde sa tenue du jour, un jean délavé mais propre, sa chemisette style madras jaune qu’il aime bien et aux pieds ses mocassins indiens dans lesquels il ne met jamais de chaussettes, pas de veste la météo prévoyant encore une journée caniculaire. Il se dit que pour une soirée échevelée ça risque de faire léger comme habillement et qu’il ferait mieux d’opter pour une soirée restau à Montmartre et ballade romantique. C’est bon c’est décidé il ne reste plus qu’a trouver une volontaire qui parle correctement le français car son anglais scolaire à pris un léger coup de vieux par manque de pratique. C’est donc avec ses gentilles élucubrations mentales qu’il arrive à la Gare du Nord. Pierre descend rejoindre le métro pour aller jusqu'à St Michel, le lieu de son labeur. Labeur étant un bien grand mot pour le poste, plutôt tranquille, de vendeur dans un magasin de musique qu’il occupe actuellement grâce à ses petits talents de guitariste. Il est maintenant plus de midi et Pierre n’a vu que quelques acheteurs potentiels mais aucune vente importante n’a été conclue ce matin. Mis à part quelques jeux de cordes et autres petits ustensiles, la clientèle n’a pas daigné s’intéresser aux magnifiques instruments qu’il avait pourtant patiemment ré accordés durant toute la matinée. Il prend une guitare folk et s’installe sur son tabouret près du comptoir pour continuer de parfaire la petite création qu’il aimerait bien pouvoir jouer et chanter lors du prochain mariage de sa sœur. Il est en pleine |
composition du solo final lorsqu’une jeune et jolie blonde pénètre dans la boutique. Elle lui sourit gentiment et quand Pierre s’apprête à se lever pour la
renseigner elle lui fait non de la tête et dit : - Non continuez, j’aime bien ce que vous jouez là ! - Merci dit-il en rougissant quelque peu. C’est juste pour m’amuser et passer le temps. Vous désirez quelque chose de particulier, Mademoiselle ? - Juste que vous jouiez encore un peu pour l’instant et après, si ça m’a plut, on pourra discuter vente lui répond t’elle en riant. Pierre, de bonne grâce se réinstalle et lui joue son morceau en fredonnant les paroles du bout des lèvres. - Vous pouvez chanter plus fort, votre voix à l’air assez jolie pour ça ! Et Pierre reprends en assumant son statut précaire de chanteur de charme : « La roue tourne au vieux moulin, Et tu avances dans ta vie. L’amour t’a pris par la main Et tu l’a pris dans ton cœur. Il t’a demandé ta main Tu lui offres pour la vie. Toi ma sœur, mon demi-moi Je te souhaites tout le bonheur ! … » - C’est très joli, c’est de vous ? - Oui, c’est juste une petite bluette pour le mariage de ma frangine ! - C’est gentil ça ! - Merci ! Alors, dit t’il en se levant, puisque que cela vous as plu vous allez bien m’acheter une guitare. A moins que vous ne préfériez un piano mais là il faudra attendre le patron ! Ajoute t’il dans un sourire. - Un piano ! Mon dieu non ! Je le mettrai où dans mon petit studio ? Rigole t’elle de concert. En fait, je passais pour acheter des cordes pour ma vieille guitare mais c’est vrai qu’en voyant toutes ces merveilles ça donne envie ! - Tout dépend de vos moyens actuels reprend Pierre. Pour 20 Francs j’aurais du mal à vous vendre autre chose qu’un jeu de cordes, mais si vous montez jusqu'à 800 j’aurais peut-être cet instrument ajoute t’il en prenant une guitare banale en bout de présentoir. - A tant faire d’acheter une guitare neuve, je préférerais quelque chose de mieux. Répond t’elle en faisant une petite mou qui fait fondre notre beau jeune homme. Et la conversation vendeur-acheteur commence avec des arguments plus ou moins sensés de part et d’autre. Pierre se sent prêt à faire des concessions pour un si joli minois et la jeune fille se laisserai bien volontiers envoûter par ce beau vendeur qui joue si bien de l’instrument qu’ils ont en commun. Puis la conversation dévie sur Bob Dylan, trop tôt disparu, Joan Baez qui continue sa croisade, Maxime le Forestier qui n’a plus la fraîcheur d’Éducation Sentimentale et l’arrivé sur les ondes de ce nouveau talent qu’est Jean-Jacques Goldman. Les deux jeunes gens se retrouvent sur tellement de point commun qu’il papotent en oubliant le pourquoi de leur discussion. C’est l’arrivé du patron de Pierre qui va les ramener à la réalité. |
|||||
| 1 | 2 |
ACCEUIL